Myanmar: les à-côtés du trek Kalaw-Inle

Le trek de 3 jours-2 nuits entre Kalaw et le lac Inle reste l’un de mes plus beaux souvenirs de ce voyage en Asie, pour les paysages, l’expérience en général et aussi les petites choses que j’ai apprises sur le pays.

Avant de vous parler du trek (c’est plus une randonnée en fait, on est dans la campagne et des petites montagnes et on n’est jamais loin d’un village), je voudrais revenir sur 2-3 choses:

  • Comment trouver ou choisir un trek dans la région
  • Le(s) peuple(s) du Myanmar: une vraie mosaïque de cultures
Différentes cultures du Myanmar

Comment trouver ou choisir un trek dans la région

Les treks entre Kalaw et Inle sont l’une des activités touristiques principales de la région, peut-être la seule raison pour laquelle les touristes viennent dans le petit village de Kalaw, d’ailleurs. Il n’y a rien de spécial à y faire. 80% des commerces sont des agences de voyage, des restaurants ou des hébergements. Il y a un petit marché mais on a vite fait le tour.

marché Kalaw, Myanmar

Pour ce trek, j’avais trouvé un couple de Français grâce à un groupe Facebook (si vous voyagez et que vous parlez français, cherchez les groupes “Français à [nom de la destination]”, ce sont des mines d’or d’informations et de bons plans.

Ils avaient réservé un guide privé et je devais me joindre à eux. Malheureusement, deux jours avant le départ, mon plan est tombé à l’eau car la fille s’était blessée en faisant un autre trek et ne pouvait plus marcher. Mon budget ne me permettant pas de payer toute seule les frais d’un guide privé, j’ai dû trouver une autre solution pour faire ce trek.

C’est dommage car le guide avait l’air vraiment intéressant et ça permettait de voyager en petit groupe et non avec 10 autres personnes. Du coup, je me suis rendue dans une rue où il y a une enfilade d’agences qui organisent toutes à peu près les mêmes treks. Je ne me souviens pas du nom de la rue mais si vous allez à Kalaw vous ne pourrez pas la manquer.

Plusieurs options sont possibles: 1 jour, 2 jours, 3 jours.

Description du trek Kalaw-Inle

J’ai choisi Jungle King, celle qui était conseillée par l’auberge de jeunesse (Hostel Roma Inn), la description correspondait à ce que je cherchais, le budget me convenait et ils avaient un départ disponible le lendemain.

Pour le côté pratique, ils transféraient les bagages en voiture jusqu’à la ville d’Inle donc on pouvait juste emporter un petit sac à dos avec des vêtements, de la crème solaire, des affaires de toilette, et un appareil photo bien sûr! On nous dit de prendre une bonne veste pour la nuit car nous allons dans une zone montagneuse (on sera sur des hauts-plateaux à environ 1600m d’altitude quand même!) et il fera froid la nuit.

Comment choisir la durée?

J’ai choisi 3 jours et je n’ai pas regretté mon choix car la durée sélectionne en quelque sorte le type de personnes qu’il y a dans les groupes. Les personnes en moins bonne forme physique ou qui sont moins “aventurières” choisissent les séjours plus courts. On a rencontré 2 groupes de “treks deux jours” et j’ai pu constater que j’avais plus d’affinités avec les gens de mon groupe (rythme de marche, type de voyage…).

Il faut reconnaître que les journées de marche sont longues, surtout avec la chaleur écrasante de la mi-journée et l’altitude! Ce n’est pas fait pour les débutants!

Avant le départ

Tout le groupe a rendez-vous à l’agence à 8h. Notre guide est en retard, ça commence bien! Il nous expliquera qu’il a remplacé un autre guide au pied levé (de façon imprévue) donc il est arrivé dès qu’il a pu quand son patron l’a appelé. Nous nous présentons et commençons à faire connaissance en attendant. 

Le groupe est varié: une Israélienne (qui nous a aussi parlé de la vie dans son pays), un Allemand, un couple de l’ouest Américain, un Anglais, une Française, une autre Américaine et moi Franco-Canadienne. La langue de communication est l’anglais avec un joyeux melting pot (mélange) d’accents et d’intonations.


Le(s) peuple(s) du Myanmar: une vraie mosaïque de cultures

Notre guide, Tyke

Pendant les 3 jours, nous apprendrons à connaître Tyke et un peu de sa culture.

Certains dans le groupe s’en fichent mais moi ça me passionne. D’ailleurs c’est pour moi le principal intérêt de ce trek. Au fil des jours je découvrirai que la nourriture valait le coup aussi!

Notre guide aussi parle bien anglais. Il a appris un peu à l’université et surtout en regardant beaucoup de films et séries américaines. En fait, s’il a choisi de faire ce métier de guide après ses études, c’est pour pratiquer son anglais et s’améliorer pour chercher ensuite un travail dans son domaine.

Il a un diplôme d’économie de l’université de Mandalay. Il est guide à plein temps depuis 2 ans et demi mais il nous annonce que cette année 2019 sera sa dernière saison. Nous sommes un de ses derniers groupes.

Être guide est plutôt un bon plan, en plus d’apprendre l’anglais et de passer son temps au grand air, une saison de 2 à 3 mois de boulot lui permet de payer 6 mois de dépenses grâce à son salaire et aux pourboires.

À 25 ans, il va devoir commencer à penser à se marier aussi. Il nous apprend que les gens se marient assez jeunes ici, en moyenne entre 20 et 24 ans.

Sa famille est originaire de la région, qu’il connaît bien. Il est issu du peuple Pa-Oh dont nous allons traverser le territoire. Son père vient de la grande ville de Taunggyi, capitale de l’état Shan, et sa mère d’à côté de Hpa-An, la ville où je viens de passer quelques jours, un peu plus au sud. 

À signaler que les hommes de la région (comme dans d’autres régions d’Asie) portent des jupes (longyi ‘paso’), et ce sont eux qui portent ces besaces colorées qu’on pourrait comparer à des sacs à mains. Comme quoi, la virilité ne s’exprime pas par les fringues! On peut être un homme et trouver que porter une jupe quand il fait chaud c’est agréable! En plus, ça se transforme en short en moins de deux, grâce à un savant pliage.

Le Myanmar: derrière une unité administrative, une multitude de peuples sans liens

Pendant mon séjour, grâce aux différentes personnes que j’ai rencontrées, je me suis rendu compte que le pays est une mosaïque d’ethnies aux cultures distinctes et l’unité administrative créé sous le règne de l’empire britannique n’est qu’une façade qui ne représente pas la réalité du terrain.

Chaque peuple est fier de sa langue, de sa musique (j’ai découvert le rap et le rock Karen, j’adore!) et de sa culture et se présente par le nom de son peuple et non en tant que Birman (la Birmanie est l’ancien nom du pays en français).

Ce n’est pas la meilleure chanson mais c’était mon chauffeur de taxi, musicien à ses heures perdues!

Les Birmans ne sont qu’un des groupes de cette mosaïque, c’est pourquoi beaucoup de Birmans préfèrent utiliser le nom Myanmar et non Birmanie. Ce nationalisme de chaque peuple explique probablement pourquoi la population générale ne se préoccupe pas trop du sort de la minorité des Rohingyas.

En plus du sud-ouest où il y a un conflit ouvert entre des rebelles et le gouvernement, dans le nord-est du pays on trouve aussi une zone d’instabilités où les routes sont parfois fermées aux touristes et non-résidents de la région à cause de la présence de groupes armés et d’activités militaires.

Cette diversité des peuples et des langues dans un seul pays, que j’ai rencontrée en Inde aussi, est quelque chose de tout à fait nouveau pour moi en tant que Française ou les gouvernements successifs depuis le Moyen-Âge n’ont eu de cesse d’unifier la culture. Il faut dire aussi que le pays est beaucoup plus petit. Si l’Europe était une vraie fédération, ce serait un peu la même chose (peut-être pas l’Europe des 27 mais quand on avait l’Europe des 12).

Un développement à vitesse grand V

Même si Aung San Suu Kyi (très populaire auprès des gens que j’ai rencontrés) a finalement pu former un gouvernement, les militaires contrôlent encore une grande partie des affaires du pays et n’aiment pas que les étrangers viennent mettre le nez dans certains endroits.

Les infrastructures touristiques ont beaucoup progressé dans les 3 à 5 dernières années, presque toutes les informations que j’ai lues sur des blogs pour préparer mon voyage sont obsolètes et la réalité est beaucoup mieux, notamment au niveau des routes, du réseau téléphonique et de l’offre d’hébergements (et de leur wifi).

Les mômes, tous fascinés par les écrans… Il regardait des vidéos en anglais (PeppaPig ou quelque chose comme ça)

J’ai lu quelque part que, s’il n’y avait pas eu la dictature militaire qui a fait reculer le pays, le Myanmar serait probablement comparable à la Thaïlande en terme d’économie et de tourisme car, avant la dictature, les deux pays étaient dans un état de développement similaire.

Quand on voit la vitesse grand V à laquelle les choses avancent, je veux bien le croire! Ce développement s’explique notamment par les investissements massifs réalisés par les Chinois dans le pays comme dans tout le reste de l’Asie.

Rien ne garantit que ce développement va se faire dans le respect de l’environnement et des cultures locales, c’est inquiétant. 

Voilà pour ce petit aparté sur le Myanmar et sa population. Je vais maintenant vous emmener avec moi sur les chemins de la campagne du nord-est entre Kalaw et Inle…

(Suite au prochain épisode que je n’ai pas encore mis en ligne, je l’ai écrit dans mon carnet mais je dois le recopier!)

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