Récit du trek Kalaw – Inle au Myanmar, Jour 1

Avant le départ

Tout le groupe a rendez-vous à l’agence à 8h. Nous avons tous hâte de faire ce trek entre Kalaw et Inle, une façon idéale de mieux connaître cette région du Myanmar.

Notre guide est en retard, ça commence bien! Il nous expliquera qu’il a remplacé un autre guide au pied levé (de façon imprévue) donc il est arrivé dès qu’il a pu quand son patron l’a appelé. Nous nous présentons et commençons à faire connaissance en attendant. 

Le groupe est varié: une Israélienne (qui nous a aussi parlé de la vie dans son pays), un Allemand, un couple de l’ouest Américain, un Anglais, une Française, une autre Américaine et moi Franco-Canadienne. La langue de communication est l’anglais avec un joyeux melting pot (mélange) d’accents et d’intonations.

Les premiers kilomètres

Enfin, nous partons. Nous marchons du centre ville vers la colline qui la surplombe. Rapidement, la pente devient plus forte et nous nous élevons au-dessus de Kalaw. Nous faisons une petite pause pour reprendre notre souffle à côté d’une grande statue de Bouddha à flanc de colline.

On admire la vue sur le village en contrebas. Il est tôt mais il fait déjà chaud. Nous sommes à environ 1300m d’altitude, la région est située sur un haut-plateau donc, même si les journées sont chaudes, les nuits sont froides.

trek Kalaw Inle Myanmar

Tout au long du trek nous pourrons constater que les habitants ont construit un temple ou un sanctuaire sur quasiment chaque promontoire. Il faut croire que c’est une habitude qui traverse les cultures humaines car j’ai observé la même tendance ici au Québec (mais avec des croix catholiques et non des Buddhas)!

Peu après, on atteint le sommet de la colline et le chemin se met alors à serpenter dans la campagne, passant quelques hameaux (groupe de quelques maisons) isolés où l’on peut observer les maisons typiques de la région de l’état de Shan, similaires à celles où nous dormirons le soir.

trek Kalaw Inle Myanmar

Un camaïeu de bruns et d’ocres

La terre battue du sentier est foncée, presque rouge. Nous arrivons après la saison des récoltes (riz et légumes) donc les champs ont été moissonnés et parfois labourés. Un camaïeu d’ocres, de jaunes et de bruns s’étale sous nos yeux, ainsi que quelques touches de vert dans les arbres et les buissons. Notre guide nous apprend que l’eau est rare dans ces montagnes. On sent que le soleil a brûlé cette terre.

trek Kalaw Inle Myanmar

Certaines traces plus foncées montrent aussi des signes d’incendies volontaires allumés et contrôlés par les paysans pour brûler les résidus après les récoltes afin de préparer la terre pour la prochaine saison des semis. Si cela permet d’accélérer l’enchaînement des plantations, cette pratique est un désastre écologique car elle entraîne l’appauvrissement des sols. Sur le long terme, cela rend également les cultures de plus en plus difficiles et les rendements moins bons.

Après 2h de marche on traverse un village où les habitants nous sourient de bon coeur et nous saluent. Ils ont l’air curieux et contents de voir un groupe d’Occidentaux passer chez eux mais nous ne nous arrêtons pas. Notre halte pour la soirée est un peu plus loin.

On y arrive en fin d’après-midi alors que nous en avons plein les pattes! (c’est une expression pour dire qu’on est fatigué d’avoir fait du sport ou beaucoup marché, les pattes = les jambes)

Marcher 6h sous le cagnard (le soleil et la chaleur), dans un quasi-désert sans ombre, ça fatigue! Toutefois, la lumière de la fin d’après-midi commence à se faire plus douce et j’ai sorti l’appareil photo. Je me sens un peu revigorée (j’ai plus d’énergie) par cette distraction et je traîne en fin de groupe pour prendre le temps d’admirer le paysage et pour capturer quelques souvenirs .

trek Kalaw Inle Myanmar
trek Kalaw Inle Myanmar
trek Kalaw Inle Myanmar

Des infrastructures rudimentaires

Nous atteignons le village-étape sur les coups de 16h. Le guide nous emmène directement à la maison où nous dormirons pour qu’on puisse poser nos sacs à dos et se rafraîchir.

trek Kalaw Inle Myanmar

Selon nos standards occidentaux, c’est très rudimentaire mais cozy. Nous dormirons dans une maison faite de fibres tressées, sur des matelas à même le sol, collés les uns aux autres, équipés de grosses couvertures bien épaisses. Nous mangerons dans la même pièce, assis par terre. L’électricité pour une ampoule est fournie par des panneaux solaires et une batterie.

trek Kalaw Inle Myanmar

Les toilettes sont une cabane à quelques dizaines de mètres de la maison (quelques planches avec une porte et un trou dans le sol) et un robinet dispense de l’eau non potable. Si on veut la boire, on doit la faire bouillir ou la traiter avec des pastilles d’iode. Evidemment il n’y a pas l’eau courante dans les maisons.

Pour se laver, on doit aller un peu plus loin, à côté d’une autre maison qui accueille aussi des touristes. Là-bas, il y a une sorte de grand bac en pierre rempli d’eau, un seau et un muret qui protège des regards. On se lave maladroitement mais qu’est-ce que ça fait du bien de se débarrasser de la poussière et de la sueur!

Tradition vs modernité

trek Kalaw Inle Myanmar
La tradition côtoie la modernité

Dans le village on observe 2 types de maisons: celles, traditionnelles, telles que j’ai décrit, et d’autres plus modernes. De plus en plus, les maisons tressées en fibres de bambou aplaties et en bois sont remplacées par des constructions “en dur” avec des matériaux plus durables (béton, bois…).

Au rez-de-chaussée (au niveau du sol), il y a souvent un espace de stockage. Sous “notre” maison il s’agit d’une montagne de gingembre!

À l’étage ce sont les pièces de vie. Devant certaines maisons des buffles sont attachés et paissent paisiblement. Je suis fascinée par ces animaux que je mitraille avec mon appareil! (ça veut dire que je prends beaucoup de photos)

trek Kalaw Inle Myanmar

Les maisons modernes sont moins pittoresque et, en tant que touriste, ma première réaction est de trouver ça dommage car ça tue le charme de ce petit village. Mais je m’en veux aussitôt d’avoir eu cette pensée égoïste car, effectivement, tout le monde a le droit de vivre dans une maison solide qui résiste aux éléments (vent, fortes pluies…) et qui dure plus de 3 à 5 ans!

Les gens dans ce village du trek entre Kalaw et Inle, Myanmar

Entre la “douche” et le dîner, je profite d’une période de “quartier libre” (temps libre où on n’est pas obligé de rester avec le groupe) pour me promener dans le village et admirer le coucher du soleil et les activités locales: les enfants qui jouent dans la rue tandis que leurs parents rentrent des champs, les buffles…

trek Kalaw Inle Myanmar
trek Kalaw Inle Myanmar

Les réactions des habitants du village à notre égard sont mitigées. La plupart des habitants ont l’air indifférents à notre groupe, contrairement aux autres villages qu’on a traversés. Je me dis qu’ils en ont peut-être marre d’être observés et photographiés dans leur quotidien par des groupes de touristes, 2 à 3 par jour en saison, aux comportements plus ou moins respectueux.

De plus, je crois que ceux qui ne reçoivent pas de touristes ne perçoivent pas de compensation financière. L’argent généré par le passage des touristes est bénéfique pour tout le village mais pas au même degré pour tous les habitants.

Au contraire, l’homme sur la photo a volontairement posé pour nous. On était 2, postés au bord du chemin à côté des buffles devant chez lui parce que c’était le meilleur spot pour voir le soleil se coucher.

trek Kalaw Inle Myanmar

Dans ce village, nous sommes hébergés par un couple plutôt âgé adorable, du peuple Pa-Oh (comme notre guide).

trek Kalaw Inle Myanmar

Ils ne parlent pas un mot d’anglais mais l’homme vient nous voir quelques instants, il essaie de communiquer et on échange quelques mots par l’intermédiaire de notre guide. On les remercie pour leur hospitalité et on s’installe pour dîner.

Nous sommes dans une pièce très enfumée à cause du feu allumé dans la pièce à côté. Le couple et notre guide sont installés dans l’unique autre (petite) pièce de la maison, autour du foyer qui leur tient chaud et chauffe l’eau pour le thé. Ils fument et discutent dans la langue des Pa-Oh toute la soirée.

trek Kalaw Inle Myanmar

La cuisine se fait à l’extérieur. Notre repas a été préparé dans une maison plus moderne, où il y a plus de place pour cuisiner pour un groupe de 10. Et même d’une vingtaine de personnes quand on compte l’autre groupe qui dort dans le même village. C’est un vrai festin et tout est excellent! Depuis mon arrivée dans le pays, je n’ai pas mangé de nourriture aussi bonne.

Après une bonne nuit de sommeil réparatrice, emmitouflés sous nos couettes bien chaudes, seulement dérangés par les ronflements d’un des membre du groupe, on nous sert un petit-déjeuner royal. Nous emmagasinons les calories et les forces avant une journée de marche qui s’annonce encore longue (6h) et difficile car nous allons encore prendre de l’altitude.

Plus d’articles sur le trek entre Kalaw et Inle (Myanmar)

Lire aussi: comment trouver un trek de Kalaw à Inle et les peuples du Myanmar

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Enjoy this blog? Please spread the word :)